La carte : une histoire d’espaces
Le projet “La Montre Verte” vise à ouvrir la création de données environnementales au plus grand nombre. Le dispositif de captation de données et l’interface de partage forment une cartographie numérique des données environnementales géolocalisées. L’enjeu est de montrer les possibilités de création d’une carte alternative et participative de l’espace urbain, non plus réservées aux cartographes officiels pour devenir une pratique largement diffusée.
Carte et espace
Selon le dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés [Lévy, Lussault, 2003], une carte est “une représentation fondée sur un langage caractérisé par la construction d’une image analogique d’un espace”. La spécificité de la carte doit être trouvée dans ce qui est “au-delà” d’elle-même :
dans l’espace auquel elle fait référence. Grâce sa fonction de transfert d’information entre un espace construit et un espace physique, la carte possède une capacité de géoréférencement. Chaque point sur une carte doit donc se penser par rapport à un point réel dans l’espace. Au sein d’une carte, l’espace est donc partout et nulle part à la fois : s’il semble assez facile à concevoir que, pour reprendre la formule consacrée, “la carte n’est pas le territoire”, une carte ne saurait toutefois exister sans l’espace auquel elle fait référence.
Un espace hybride
Une carte se définit toujours en référence à un espace qu’elle représente et met en forme. Or si la carte connaît tant de succès, c’est qu’elle voit sa pertinence augmenter du fait des métamorphoses contemporaines de l’espace.
Celui-ci est en effet désormais caractérisé par son hybridité : celui-ci n’est plus un simple support à l’action dans le monde, il est davantage la superposition de plusieurs catégories d’espace. Penser en ces termes permet de passer outre le mythe de l’annulation de l’espace par les technologies de l’information et de la communication (TIC). De Marshall McLuhan à Paul Virilio, de nombreux auteurs pensent l’espace comme une catégorie désormais relative, où la commutation des points du réseau amènerait une virtualisation des territoires [McLuhan, 1964], [Virilio, 1984]. De même, la mise en réseau des sociétés, avec la généralisation du principe de flux, tendrait à homogénéiser l’espace pour le réduire à un simple support du déploiement des informations et des flux [Semprini, 2003].
Or, l’espace loin de disparaître reste une catégorie majeure pour penser l’action. Tout l’enjeu réside dans l’abandon des anciennes conceptions spatiales basées sur des dualismes tels que physique/virtuel, Flux/Lieux [Castells, 1998], lieux/non-lieux [Augé, 1992], ville/campagne, pour concevoir l’espace comme l’hybridation de ces différentes catégories. Le monde physique ne se dissout pas dans le monde virtuel : l’espace se définit désormais par sa complexité. Il s’agit dès lors de s’intéresser à ce qui permet à ces multiples espaces de se rencontrer : où se situent les points de connexion entre le réel et le virtuel ?
La reterritorialisation des informations
La mise en réseau des sociétés ne crée pas un territoire abstrait, elle ne fait au contraire qu’augmenter la pertinence de la géolocalisation. Cette dernière répond en effet
à deux lacunes induites par la mise en flux généralisée. Il s’agit tout d’abord du manque de visibilité de l’espace. En effet, la reconfiguration des espaces dans une logique de flux remplace le point par la mise en lien. Le critère n’est donc plus le positionnement, mais la capacité à se mouvoir entre plusieurs points. Il n’en est alors que plus difficile de visualiser un espace toujours mouvant. De même, tout en favorisant la mise en mouvement, le flux tend à multiplier les points de référence disponibles pour l’individu, augmentant le niveau de pollution informationnel pour les individus. Ici encore, l’orientation n’en est rendue que plus malaisée. À cette difficulté de voir s’ajoute une difficulté de faire sens à partir de l’espace. En effet, la mise en flux, en généralisant les critères d’homogénéité, de mouvement, de vitesse opère une désémantisation des espaces. Un espace ne se définit plus désormais par sa capacité à permettre la signification des individus, mais par la bonne mise
en mouvement du flux. Ces difficultés de visualisation et de signification appellent le développement de la géolocalisation. La cartographie, constituant un apport à la fois visuel et sémantique, peut tenter de combler ces apories.
Une dimension participative
La carte ne se résume plus à une simple représentation de l’espace. Elle intègre désormais une multiplicité de dimensions et d’informations hétérogènes. De même, elle tend de plus en plus à intégrer l’utilisateur dans la conception et l’utilisation de la carte.
Ce courant participatif est à remettre dans le contexte du brouillage, voire du renversement des positions traditionnelles entre le producteur et le consommateur en termes de produit culturel.
Cette tendance, portée en partie par les transformations du numérique et sa dimension interactive, a été conceptualisée sous différents termes : on parle de Prosumer (mot-valise issu des termes “professionnel” et “consommateur”) [Toffler, 1980] ou encore de ProAms (pour “professionnel” et“amateur”) [Leadbeater, Miller, 2004]. On glisserait de la figure d’un utilisateur de produit culturel passif, se contentant d’enregistrer un signal, à celle d’un consommateur actif qui, en même qu’il reçoit de l’information, a les capacités de la transformer et de produire à son tour un contenu. La barrière entre professionnel et amateur devient poreuse : le monopole de la production n’est plus le privilège de certains, chacun peut prendre part à la culture expressive. De plus en plus de productions culturelles rendent compte de cette tendance en incluant une dimension
orientée vers la participation de l’utilisateur : la carte n’échappe pas à ces mutations. Le succès de services cartographiques à dimension participative est un bon révélateur de cette nouvelle cartographie. On citera le succès de cartographies en ligne, dont “GoogleMaps” est le meilleur exemple, permettant de réaliser facilement des cartes individualisées, mais également des cartes de services géolocalisées tels que “Dismoiou ?” “Platial” ou encore “Peuplade”.
La carte comme solution
La cartographie numérique est à l’origine d’un nouveau rapport à l’espace qui intègre sa nature hybride. Dans ce contexte, la carte est un produit du réseau : elle en est la conséquence (elle visualise un hypertexte) en même temps qu’elle comble
ses lacunes (elle permet de se positionner dans un espace flou). Ce rapport se matérialise sous la forme de nouvelles pratiques de l’espace, basées sur les possibilités de géolocalisation. Deux propriétés de la cartographie numérique accompagnent cette évolution : sa dimension participative lui permet de laisser une plus grande latitude quant aux contenus à visualiser ; sa dimension mobile lui permet d’être un partenaire constant dans les pratiques d’espaces. Armée de ces propriétés, la carte est un précieux allié pour développer des méthodes de réappropriation des espaces urbains.
Jean-Christophe Plantin
Après le village global, le corps global.
Comme le suggérait McLuhan à qui l’histoire a donné raison en des formes détournées, les moyens de transport et de communication ont fait évoluer notre perception du monde en réduisant la planète à l’échelle du village. Les notions de proximité, de visibilité, d’accessibilité sont altérées lorsque tout point de la planète peut être atteint en un jour. C’était pour Napoléon l’échelle qui déterminait les limites du département, cette frontière englobe maintenant la totalité de la planète.
La multiplication des réseaux connectant les individus a opéré une autre mutation. C’est maintenant l’ensemble de humanité aux cellules interconnectées qui constitue un véritable corps global dont le réseau constituerait le système nerveux. Comme toujours la métaphore a ses limites, celle du système nerveux global prend cependant tout son sens dans le fait que chaque individu devenant potentiellement émetteur dans le système informationnel planétaire, il joue le rôle de la terminaison nerveuse. Il traduit, à chaque émission d’information, le vécu spécifique d’un point du globe.
Les conséquences de cette évolution son nombreuses.
L’individu et l’environnement
La notion de corps global renvoie directement à la relation de l’individu à son environnement. C’est la multiplication et la consolidation des échanges qui créent une hypersensibilité de l’humanité à son environnement. La prise de conscience des interactions entre les actions locales et les conséquences planétaires est directement issue de la confrontation en temps réel des retours informationnels (feed back).
La couverture du système (les membres absents)
On comprend ainsi que nous pouvons obtenir une perception globale de la planète si nous prenons en compte l’ensemble de l’information produite en réaction aux situations individuelles et collectives. Or toute l’humanité n’est pas émettrice. Un corps dont les parties ne seraient pas toutes sensibles risque des accidents qui pourraient affecter la totalité du système un peu comme si un membre ou un organe (selon la fonction de cette partie dans les échanges planétaires) était insensible et ne pouvait témoigner des troubles qui pourraient l’affecter.
Contrairement au membre amputé dont on sent toujours la présence, c’est un membre présent dont on ignore l’existence.
Le cerveau distribué
L’ensemble des informations perceptives émises par les individus, constitués ou non en groupes, n’est pas transmis à un système central de régulation et de prise de décision mais à l’ensemble du corps qui peut s’organiser en instances de relais d’information, de prise de décisions et d’action pour déterminer la réaction appropriée.
Le risque parfaitement dénoncé par Paul Virilio serait une forme de surréaction, ce que l’on pourrait assimiler au choc anaphylactique. L’organisme préalablement sensibilisé par un premier choc pourrait s’asphyxier pour tenter d’endiguer une deuxième agression. L’histoire récente fourmille d’exemples de telles réactions. C’est la dispersion des instances de décision qui en limite le risque, c’est cette même dispersion qui rend difficile l’application de réactions concertées.La convertibilité de la perception.
La convergence des bases de données permet une meilleure évaluation des indices produits par les terminaisons nerveuses. Cependant les informations émanant des individus sont rendues difficilement interprétables dans la mesure où elles s’adressent à une fraction limitée du système et à ce titre ne nécessitent pas de formatage ou de calibration de l’information.
La calibration de l’information
Il devient intéressant d’imaginer, en prenant bien en compte les risques afférents à l’autonomie et la liberté des individus, comment permettre aux individus de participer à la collecte non centralisée d’informations habituellement réservées aux autorités territoriales et politiques. Les mesures de pollution, de bruit, de température, de luminosité ou d’humidité, deviennent un bien collectif appréciable par tous à des fins de prise de décisions individuelle ou collective.
Chacun peut décider de participer à cette collecte d’information utile à tous, exploitant à cette fin un terminal adapté, terminaison nerveuse calibrée. La montre verte représente une tentative certes pour l’instant limitée mais adéquate sur le plan expérimental.
La représentation cartographique
Les données répercutées par les individus ne sont susceptibles d’une interprétation qu’en passant par une forme immédiatement intelligible de représentation. L’information géolocalisée prend tout naturellement sa place sur une carte elle-même représentation graphique du territoire. Représentations spatiale (cartographique) et temporelle (temps réel d’acquisition, représentation accélérée de l’évolution dans le temps des captures…) convergent pour fournir un ensemble de données interprétables par tous permettant la prise de décision collective (politique) et individuelle (confrontation, dans la sphère privée, des perceptions biométriques avec les données environnementales).
Partager, mais préserver
Il convient de faire la différence entre les informations susceptibles d’être partagées et celle dont l’usage doit être réservé à l’individu concerné. S’il est intéressant de partager les mesures de pollution afin d’en établir en temps réel une représentation publique, il peut être plus discutable de partager à grande échelle des informations biométriques bien que celles-ci puissent, en corrélation avec les données environnementales, faciliter la prise des décisions de survie personnelle. Ainsi, faisant son jogging quotidien, l’individu pourra confronter son rythme cardiaque au taux de CO2 afin de surveiller la dangerosité de la pratique ou transmettre à son médecin, au moment opportun, et de sa propre initiative une carte vitale nouvelle génération qui pourrait être le réceptacle de ces données biométriques et environnementales. Il serait plus discutable que ces données cardiaques soient utilisées par d’autres afin de déterminer la validité d’une police d’assurance ou la pérennité de son emploi.
Maurice Benayoun
Les enjeux du projet Montre Verte
Le projet Montre Verte illustre ces différentes potentialités nouvelles de la carte. Trois fonctions se dégagent de son programme d’action.
Visualiser : la carte représente une organisation des informations permettant de se faire des liens très facilement entre ces
différents éléments. À travers cette visualisation peuvent se développer de nouvelles “stratégies spatiales” [de Certeau, 1990].
S’orienter : le croisement de plusieurs informations faisant voir une situation sous un angle différent, la carte souligne sa dimension rhétorique.
Convaincre : la carte permet de montrer la nature rhétorique de la carte. Les données ainsi obtenues pourront ainsi être croisées avec d’autres sources, lui conférant une dimension argumentative.
Différentes manières d’appréhender l’espace urbain
L’espace urbain est constitué de couches multiples et hétérogènes. La carte permet de rendre compte de cette hybridité. Pour créer de la visibilité au sein de cet espace complexe, l’intérêt de la carte provient donc de sa capacité à visualiser les différents paramètres qui constituent l’espace, en permettant ainsi d’en suivre les traces : la carte numérique permet de choisir l’angle de vue pour appréhender un espace complexe. Nous pouvons isoler quatre manières :
Illustrer la ville par ces réseaux
Au sein d’un espace défini par l’organisation en réseau, la carte présente une pertinence nouvelle : elle permet de capturer cette infrastructure et d’en visualiser les flux qu’elle met en oeuvre. Il s’agit alors de choisir un flux et de suivre sa mise en oeuvre sur un territoire.
Parmi ces nouvelles possibilités, les réseaux de télécommunication constituent un critère de choix. Ils sont en effet basés sur la capacité d’abstraction de l’espace permise par le réseau ; ils sont en même temps des révélateurs de la mise en mobilité des individus à travers les technologies mobiles. Le projet “Real Time Rome” du MIT Senseable Lab constitue un bon exemple : permettre de voir le “pouls” de la ville à travers la visualisation des flux de télécommunication communication.
Représenter le parcours des habitants
Dans une organisation de l’information qui tend à opposer le réseau aux individus, la carte semble être un moyen de remettre en avant la participation du sujet dans l’élaboration de l’espace urbain. La cartographie numérique peut ainsi mettre en avant la figure
de l’individu comme producteur de ses représentations de l’espace urbain. Visualiser ces représentations permet d’établir des cartes subjectives du rapport des citadins à leurs villes.
Le projet “Real Time Amsterdam” est une initiative portée par l’association WAAG Society et l’artiste Esther Polak. Le dispositif est très simple : distribuer à soixante personnes pour une période donnée un capteur GPS qu’ils doivent porter dans leurs déplacements quotidiens. Il ne s’agit pas ici de seulement géolocaliser les parcours des personnes sur un fond de carte : l’ensemble des données recueillies est visualisé sur un fond noir, où seuls les endroits concrètement parcourus apparaissent. Il est donc possible de voir la ville telle qu’elle est effectivement vécue par les habitants.
Le corps comme mesure
Allant plus loin dans l’enregistrement des parcours individuels, le projet intitulé “biomapping” et développé par l’artiste anglais Christian Nold consiste en une cartographie des émotions des individus en milieu urbain. Plusieurs personnes tests portent des capteurs enregistrant leur activité électrodermale (une pratique rendue célèbre par les “tests de mensonge” permettant de voir l’état de nervosité) qui enregistrent leurs états émotionnels lors de leur déambulation dans la ville.
Ces données sont géolocalisées, il est donc possible de mettre en lien les émotions avec les lieux qu’ils parcourent ; pour compléter ce dispositif, un système d’annotations est
mis en place, permettant aux individus de commenter en temps réel leur ressenti. L’ensemble de ces données vient constituer une carte qui représente, à travers l’expérience subjective d’individus, les émotions généralement liées à un ensemble de lieux. D’inspiration situationniste, cette expérience permet de visualiser les “unités d’atmosphère” de la ville.
De nouveaux capteurs ?
Les habitants ne sont pas les seules ressources d’informations sur l’état d’un espace. L’artiste Beatriz da Costa a développé un projet de cartographie de la qualité de l’air en milieu où les capteurs ne sont plus portés par des humains, mais par des pigeons. Toujours selon les principes
du crowdsourcing (mot-valise à partir des termes crowd ou “la foule” et outsourcing ou “sous-traiter”) ce projet intitulé Pigeonblog distribue la récolte de données à ces oiseaux choisis pour leur mobilité et leur quantité dans l’espace urbain. Les données recueillies alimentent un blog et une carte.
Jean-Christophe Plantin
Internet des objets
“Que fait donc un capteur”, se demande en substance l’enseignant et designer Julian Bleecker dans son “Manifeste pour les objets en réseau” (2006) ? Il recueille des informations et les transmet sous la forme d’un flux signé et horodaté. Rien de plus semblable à un blog, au fond. Imaginons alors que ce flux devienne accessible à tous, logiquement, au format RSS grâce auquel tous les blogs (et un nombre croissant d’autres publications du web) se rendent accessibles. Toutes sortes de personnes (et de machines) pourront alors s’abonner à ce flux, et à d’autres, puis croiser ces données, produire des calculs et des cartes, republier des données travaillées…
Sans pour autant devenir “intelligents”, ces “blogjets” (objets qui bloguent) s’imposent alors comme des participants à part entière de la conversation et de la coproduction qui
caractérisent le web d’aujourd’hui : “Comme les blogueurs humains, les blogjets deviennent des sources essentielles de sujets de conversation, en démarrant et en alimentant des conversations portant sur des sujets qui comptent. Le fait que leur contribution à cette discussion prenne la forme d’une simple série de données publiée sur le réseau a peu d’importance. Un blogjet peut démarrer une conversation à partir de quelque chose d’aussi simple qu’une mesure de la pollution des nappes phréatiques.”
Il ne faut donc pas grand-chose pour franchir cette première étape : juste partager les données que captent les objets et les rendre exploitables par d’autres. Mais ce petit pas peut avoir de grandes conséquences : “les objets, une fois connectés à l’internet, deviendront des agents qui fourniront matière à réflexion,
qui parleront des choses d’un point de vue nouveau et apporteront une perspective « objetesque » sur les questions sociales, culturelles et politiques, tant au niveau individuel qu’au plan général.”
Le projet Montre verte participe de cet Internet des objets permettant “l’appropriation citoyenne des technologies, à la fois comme une manière de contrecarrer leurs usages à des fins sécuritaires, comme une extension logique du mouvement du logiciel libre, et comme une forme écologique et sociale”.
Daniel Kaplan, “Repenser l’internet des objets (3/3) : industrialiser l’internet ou internetiser l’industrie ?”Bibliographie
Certeau Michel, 1999. L’invention du quotidien, 1. Arts de faire. Gallimard, Paris.
Buci-Glucksmann Christine, 1996. L’œil cartographique de l’art. Galilée, Paris.
Hall Peter, Abrams Janet (dir.), 2006. Else/Where : Mapping. New cartographies of network and territories. University of Minnesota Press.
Harmon Katharine, 2004. You are here : personal geographies and other maps of the imagination. Princeton Architectural Press, New York.
Jacob Christian, 1992. L’empire des cartes. Albin Michel, Paris.
Ratti Carlo, Berry Daniel, 2007. “le sans-fil et l’émergence de systèmes urbains en temps réel” in Châtelet Valérie (dir.), Interactive Cities, Anomalie Digital_Arts n°6, HYX, Orléans.
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Thompson Nato, 2008. Experimental geography. Radical approaches to landscape, cartography and urbanism. ICI, New York.
Mogel Lize, Bhagat Alexis, 2007. An atlas of radical cartography. Journal of aesthetics and protests Press, Los angeles.







